MAISON BAYLÉ
34 RUE DE TURENNE, 75003 PARIS

Comme il semble être le cas pour de nombreux accessoires, à chacun sa spécificité, le foulard utilisé au départ pour son usage pratique, est devenu, au fil du temps, une touche capable de sublimer toutes vos tenues.

Étymologiquement, le mot foulard provient du provençal « foulat », signifiant « tissu léger ». Il était obtenu suite à une technique de foulage (avec les pieds) afin d’assouplir et resserrer les fibres.  Par ailleurs, selon Davide Mosconi et Riccardo Villarosa, il s’agit de « l’accessoire le plus souple qu’on puisse nouer autour de son cou ».

Dans la tradition provençale, les hommes offraient un foulard à celle qu’il aimait, si elle le portait, c’était synonyme d’engagement.

On retrouve ses origines, tout comme la cravate au XVIIème siècle, chez les hussards croates pour identifier leurs frères d’armes sur le champ de bataille. Retrouvez à ce sujet notre article « La Cravate avec un grand C ! ». Le foulard est en effet une autre manière d’orner son cou.

Il se démocratise au XVIIIème siècle avec le commerce de tissus précieux entre l’Angleterre et l’Inde. On parle alors de chèche ou parchemina.

En France, François Ier, fit de Lyon la capitale de la soie, pour sa fabrication. Le foulard est alors soit en coton, soit en soie pour les classes supérieures. On parle alors de fichus ou de châles, portés principalement par les femmes sur les épaules pour se protéger du froid, du vent ou de la poussière, trois fonctions essentielles du foulard aujourd’hui, ou pour étaler sa richesse. Il est alors déjà à la fois pratique et symbole de différenciation.

Côté pratique, on retrouve également ses traces jusqu’à la Rome Antique, 1000 ans avant J.C, alors appelé « suaire », porté par les hommes autour du cou ou à la ceinture, pour lutter contre la transpiration et ainsi rester propre.

Un accessoire aussi parfois révolutionnaire, notamment sur les barricades en 1871, lors de la création de la Commune de Paris. Ainsi au même titre que la bretelle, dans notre article « Ressortez vos bretelles, un accessoire historique infiniment élégant ! », il fut ensuite porté par toutes les classes sociales et devint l’apanage aussi bien des hommes que des femmes.

Il est aujourd’hui aussi un accessoire politique, dont la couleur peut parfois servir à affirmer son camp. C’est aussi un élément d’uniforme, notamment chez les marins.

Le foulard peut donner un look définitivement baroudeur, dû à son passé au cou des cowboys, servant de cache col, à la façon bandana, au XIXème Siècle, lors de la conquête de l’Ouest, représenté aujourd’hui par Lucky Luke dans la bande dessinée. On le retrouve aussi dans la culture western, comme dans Shalako, en 1968, avec Sean Connery et Brigitte Bardot.

Le nom Bandana provient de l’Indien ‘badhnati’, signifiant attacher ou nouer, anglicisé plus tard en « ‘bandannoe’ » par les Portuguais. Le premier bandana aurait été dessiné par John Hewson, à la demande de Marta Washington, pour représenter son mari, George Washington, alors Président des Etats Unis, en 1780.

A l’inverse, il peut donner un style très « titi parisien », à l’image du personnage « Gavroche » de Victor Hugo.

Au début du XX ème Siècle, durant la Belle Epoque et ce jusqu’à la prohibition dans les années 20, il est le signe distinctif des voyous et caids parisiens surnommées les « Apaches », en référence à la tribu Indienne de Géronimo.  Ces gangs vivaient en périphérie entre Paris et la banlieue, dans les « fortifs » et étaient rattachés à leur quartier : “Les Monte-en-l’air des Batignolles”, “les loups de la Butte”, les gars de Charonne”.  Il se déplaçaient en bande, semant la terreur dans les quartiers de la “Bastoche” (Bastille), de la “Mouff” (rue Mouffetard) ou de “Sébasto” (Boulevard Sébastopol), là où ils aimaient aussi s’encanailler, notamment dans les bals musettes. Ils étaient très attachés à leur look vestimentaire, casquette, veste courte et cintrée, pantalon pattes d’éléphant, chaussures brillantes et donc foulard !

Au cours de ce siècle, le foulard, majoritairement sous forme de carré de soie, trouve sa démocratisation en termes de coloris, d’imprimés et de formats auprès de designers comme Emilio Pucci puis Gianni Versace et la maison Hermès évidemment. Cette dernière en fit un symbole du luxe « accessible ». En effet, chez les femmes, le foulard est souvent la première pièce acquise dans une marque de luxe. Un carré Hermès 90X90cm se vend toutes les 30 minutes dans le monde. Pas étonnant, quand on sait qu’il a été popularisé par Grace Kelly, Brigitte Bardot ou encore Jacky O. Pour Pierre-Alexis Dumas : « le foulard est l’accessoire qui fait mouche en termes d’élégance ». On ne peut qu’être d’accord avec cet adage et l’appliquer à l’univers masculin. Retrouvez leur histoire dans l’ouvrage de Nicky Albrechsten « Foulards et Carrés ».

Le foulard est aussi un accessoire cinématographique et un symbole Hollywoodien, on pense notamment au légendaire Fred Astaire alias « Dancing Man » qui faisait ressortir les pointes de son foulard de sa chemise, et les porter même en ceinture parfois (voir photo).. En passant par l’éternel Cary Grant dans le film « La main au collet » d’Alfred Hitchcock en 1953, et le port du foulard dans la chemise. A Robert Downey Junior dans « Zodiac » en 2007, au personnage de Jepp Gambardella dans « La Grande Bellezza » en 2013.

Cette façon de le nouer, dit « Dandy » , pratiquée par d’autres icônes du style, comme Jean Marais, Jean Lefebvre, Jean Gabin, Philippe Noiret, Clark Gable, entre autres, est encore très répandue aujourd’hui. C’est l’une de mes favorites. Pour Tatiana Tolstoï, dans son livre « De l’élégance masculine », c’est une « Erreur répugnante…. de porter le col ouvert sans foulard à plus de 50 ans ». A cette occasion le foulard peut être remplacé par une Lavallière ou Ascot.

Depuis les années 60/70 et jusqu’à aujourd’hui, le port du foulard est popularisé par des légendes de la musique, du cinéma ou du sport mais surtout du style comme Mick Jagger, David Bowie, David Beckham ou Brad Pitt.

Avant de continuer, il est important de faire la différence entre foulard et écharpe, souvent confondus, leurs fonctions, largeurs, matières, finitions et façons de les porter, différent radicalement.

En effet, de manière générale, les écharpes sont confectionnées dans des matières plus épaisses, en laine ou en cachemire notamment. Elles ont une fonction majoritairement pratique, à l’évidence de protéger du froid et se portent exclusivement en hiver. Elles se portent uniquement en extérieur, sur une veste ou un manteau. Elles sont habituellement moins larges que les foulards et souvent reconnaissables à leurs finitions de franges au bout.

A l’inverse, les foulards sont à la fois un objet pratique et stylistique, ils existent dans une grande diversité de matières et de formats afin d’apporter une touche mode à l’ensemble de vos tenues toute l’année. :

  • La laine en hiver comme nos foulards « Joseph » ou « Kelly » double-face
  • La soie toutes saisons comme nos foulards « Carlo » ou « Vincent » double-face.
  • Le coton comme nos foulards « Tommy » à la demi-saison.
  • Le lin comme nos foulards « Salvatore » en été. Ils sont particulièrement utiles aux motards en plus de donner du style.

Ils peuvent se porter aussi bien sur un manteau, une veste, une chemise ou un T-Shirt. Ils ne sont pas réservés à un usage extérieur et trouvent leur place aussi bien à l’intérieur lors de vos sorties au restaurant ou chez des ami(e)s. Il est considéré pour beaucoup comme une alternative cool et sexy à la cravate. Vous pouvez ainsi le porter aussi bien avec vos costumes sartorials qu’avec la combinaison T-Shirt/Jean/Basket. Il est également historiquement un symbole du workwear alors n’hésitez pas à le porter avec un ensemble en denim, une salopette ou une combinaison.

Le port du foulard donne un sentiment de liberté, la manière dont on l’arrange lui donne son existence dans l’espace et dans le temps. Il ne faut cependant pas oublier l’une des règles principales en matière d’élégance, le superflu n’a pas sa place, ainsi une fois porté, votre foulard doit avoir du sens et être cohérent avec votre tenue. Choisissez votre schéma, monochromatique ou contrasté, et suivez votre instinct. Testez, mélangez, recommencez mais amusez-vous, l’accessoire est avant tout un plaisir, que le gentleman s’offre !

Chez maison Baylé, nous privilégions toujours les motifs inspirés de la prohibition (tartan, prince de galles, chevron, pied de poule, rayures, pois, cachemire géant ou micro) mais on adore ajouter quelques fantaisies dans nos collections en lin estivales. Nous avons également comme avec nombre de nos accessoires, un faible pour l’usage du « Patchwork » (mélange de plusieurs imprimés). Nous sommes également fiers de proposer des modèles double face, offrant deux imprimés différents, et des opportunités 3 en 1, grâce à la technique et au savoir-faire de nos artisans Italiens, autour du Lac de Côme.

Le motif « paisley » ne viendrait pas du nom de la ville Paisley en Écosse où on y pratiquait la production de châles, mais plutôt de la région du Cachemire (qui faisait autrefois partie de l’Empire perse).

Selon les sartorialistes Japonais, une fois porté sur sa chemise et sous une veste, il faut privilégier les micro motifs à répétition, afin de montrer l’intégralité du motif du foulard, avec seulement 3 à 4cm de tissu dépassant. C’est un schéma dit de « layers » (superposition des couches).

Le foulard c’est l’anti streetwear, la petite touche mode qui insuffle élégance et style avec nonchalance et décontraction et termine n’importe quelle tenue. L’accessoire ultime pour jouer avec les notions de luxe et bourgeoisie.

Les mêmes nœuds peuvent s’appliquer à vos foulard et écharpes, bien qu’il en existe une infinité, ci-joint notre Top 10 :

  • 1.Le Nœud « Dandy » – Noué à l’intérieur du col de la chemise.
  • 2.Le Nœud « Simple » – Un nœud sur le devant ni trop haut ni trop bas.
  • 3.Le Nœud « à la Parisienne » – Un nœud au ras du coup légèrement sur le coté.
  • 4. Le Nœud « Cravate » – Faites un nœud de cravate « four in hands » et laisser pendre les deux pans sur le dessus de votre chemise façon Lavallière ou Ascot.
  • 5.Le Nœud « négligé » à la Sprezzatura (mon préféré) – Faites un ou deux tours de cou en fonction de la longueur de votre foulard et laisser pendre les deux pans, nonchalamment devant à la manière d’un chèche (attention à leur hauteur).
  • 6.Le Nœud « Illusioniste » – L’illusion est qu’il n’y a pas de nœud ! Laissez simplement pendre les deux pans sur votre chemise ou t-shirt, éventuellement caché sous les pans de votre veste.
  • 7.Le Nœud « Chassé Croisé » – Faites un ou deux tours de cou et laissez pendre un pan devant et l’autre dans votre dos.
  • 8.Le Nœud « Marin » – Enroulez votre foulard autour du cou et faites un nœud double type nœud de 8 sur le devant (Particulièrement efficace avec vos écharpes).
  • 9.Le Nœud « Corsaire » – Noué dans les cheveux à la façon de Richard Avedon ou des Rappeurs Américains.
  • 10.Le Nœud « détourné » – A la manière de nos ancêtres, utilisez votre foulard comme ceinture, avec votre trench favori par exemple, ou s’il s’agit d’un carré type bandana comme un tour de poignet.

N’hésitez pas à commenter, à partager les photos de vos plus beaux foulards et nœuds. Demandez nous des conseils pour accessoiriser votre vestiaire élégamment.

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