« Rien ne soutient mieux dans la vie qu’une bonne paire de bretelles » – Paul Vincensini

Maison Baylé
34 Rue de Turenne, 75003 Paris

Contrairement à la ceinture dont les origines remonteraient au temps des Vikings, les bretelles elles ont un passé bien plus récent et elles sont françaises (Cocorico !). Leur histoire remonte au XVIème Siècle durant le règne D’Henri III. A l’époque les hommes portaient des chausses, l’équivalent des bas au Moyen Âge, serrées ou bouffantes, appelées grèges, et la bretelle servait ainsi à les soutenir.

Anedoctiquement, de 1786 à 1790, dans l’infanterie Française, les fusiliers et grenadiers utilisaient leurs bretelles comme un châtiment corporel pour punir les hommes de troupes.

Au XVIIIème Siècle, lors de la Révolution Française de 1789, les sans culottes, et le tiers état (le peuple), portaient des rubans pour fixer leur pantalon, un signe distinctif, au même titre que la cocarde tricolore et le bonnet phrygien. Par la suite, la culotte fût remplacée par le pantalon. On voit alors l’apparition de deux types de bretelles : la bretelle dite « ouvrière » faite de drap de tissu rigide et la bretelle dite « bourgeoise » en cuir, faite main, artisanalement pièce par pièce, à la fois par des tisserands et des cordonniers.

L’industrie bretellière s’installe ensuite durablement dans la ville Française de Rouen, avec les français Duval et Gosse, qui en 1800 inventent les premiers métiers à tisser, en bois, tirant un fil à la fois. Puis en 1826, vint Charles Antheume, qui révolutionna la fabrication, avec la création d’une machine multi rubans, polyvalente, permettant de fabriquer jusqu’à trente six paires de bretelles à la fois, tout en les coupant à la longueur souhaitée, et reprisant les tissus pour que les boutonnières se créent seules. Il fut également à l’origine de l’invention de la bretelle élastique, très répandue aujourd’hui, qui se démocratisa suite à l’essor du caoutchouc. Lucien Fromager, le dernier repreneur de l’entreprise, la diversifia dans la fabrication de soutien-gorge ou jarretelles, et l’exporta dans le monde entier avec succès jusqu’en 1976.

Outre Atlantique, Benjamin Franklin, le père de la constitution Américaine, fit des « Suspenders » un accessoire utilitaire, en l’intégrant à l’uniforme des pompiers de Philadelphie. Les Américains sont également, par le biais de David Roth en 1894, les inventeurs de la pince en métal en guise de clip, si populaire de nos jours.

Mais c’est bien Outre-Manche, toujours présent dans l’histoire de la mode masculine et de l’élégance, qu’en 1822, l’Anglais Albert Thurston, démocratise les « Braces » dans sa première boutique Londonienne du 27 Panton Street. Il est à l’origine des évolutions de forme, notamment dorsale, qu’elle a connues. D’abord « H-Back », entourant les omoplates, à la manière d’un « Lederhosen » Bavarois. En 1830 apparut le « X-Back », croisé dans le dos, existant toujours aujourd’hui et privilégié par les fortes corpulences. Enfin, en 1850, le « Y-Back » arriva, la forme la plus élégante, reprise dans toutes nos bretelles chez maison Baylé. Il démocratisa l’usage des matières nobles, le « box cloth », une laine à maillage serré, tissée dans le Yorkshire, ainsi que de la soie et du satin. A la manière de nos bretelles « Tribeca » elles sont à boutons et leurs pattes d’attache sont gainées de cuir.

Elles ont été faites, tour à tour, de peau de daim, de mouton, de simple cuir et de tissus divers puis perfectionnées au moyen de bouts, nommés pattes, composés d’élastiques, c’est-à-dire de petits ressorts à boudin, en fil de laiton, renfermés dans une peau plissée qui leur permet de suivre les divers mouvements du corps. D’autres techniques ont aussi été testées sans suite.

Les systèmes de fermeture et les largeurs évoluèrent ainsi, de la bretelle Française  « à la Papa » très large et rigide, à celles dites « Russe » qui introduit en 1836 deux pattes frontales au lieu d’une, au « va et vient »,au « chevalet », puis à la bretelle élastique jusqu’à l’apparition des modèles fins et droits dits « Mikados » en 1850. Leur largeur peut varier beaucoup de nos jours, attention à ne pas les choisir trop fines, ce qui serait un manque de raffinement et une faute de goût. Privilégiez celles variant entre 30 et 40 mm de large.

Un accessoire politique aussi, en France, conformément à la Loi du 26 Brumaire An IX (17 Novembre 1800), le pantalon étant interdit aux femmes, seuls les hommes portaient des bretelles, à l’instar de Georges Sand, précurseuse du mouvement féministe qui en porta en 1843, à la manière d’Olympe de Gouges qui elle portait la culotte pour se démarquer et se faire remarquer. Aujourd’hui, la mode masculine est très présente dans la mode féminine au travers d’un style « boyish » qui tend à se démocratiser avec le retour du port du costume, des bretelles et parfois de la cravate chez les femmes.

En 1870, l’Empereur Napoléon Bonaparte portait des bretelles avec des abeilles brodées en hommage à ses origines Corses. Il existe toutes sortes de motifs aujourd’hui ; comme avec les autres accessoires, pour rester élégants, évitez de trop les mélanger et privilégiez les motifs fins et discrets, les pois et rayures en premier lieu, ainsi que les motifs dits « Prohibition » (Prince de Galles, Tartan, Pied de Poule, Chevron).

Les Bretelles se démocratisent réellement au XIXème Siècle avec la création de la Commune de Paris en 1871 (suite à la guerre civile entre insurgés, communards et versaillais).Elle sont alors désormais portées par tous les hommes et toutes les classes sociales.

En 1871 toujours, Samuel Clemens, plus connu sous le nom de Mark Twain, le créateur des aventures de Tom Sawyer, fidèle adepte du port de bretelles, déposa un brevet appelé « sangles ajustables et détachables pour vêtements » (Adjustable and detachable straps for garments). Il n’aura pas le succès escompté concernant les bretelles, mais il sera le précurseur de l’attache du soutien-gorge moderne.

Dans le monde de la bande dessinée, on peut remarquer le port régulier de la bretelle par le personnage Tintin notamment dans « l’affaire Tournesol » ou encore « Le Lotus Bleu » par Hergé.

Si le lien entre bretelles et soutien-gorge vous parait étrange, il est en fait très simple. En effet, les bretelles sont historiquement et pendant longtemps considérées comme un sous vêtement, cachées sous un gilet ou une veste, et ne doivent pas être exposées au public.  Une Loi en ce sens, rapidement supprimée néanmoins, fut promulguée à New-York, en 1938, interdisant le port des « Suspenders » sans manteau ni veste, considéré comme « indécence vestimentaire ».

Puis elles entrent peu à peu dans l’uniforme de travail suite à la disparition progressive de la salopette au profit du pantalon en denim avec boutons pour bretelles, dont le brevet fut déposé, par Levi Strauss, en 1873, suite à sa collaboration avec Jacob Davis, tailleur Américain. Osez la combinaison tendance, Jean et bretelles en les associant avec nos boutons « Harlem » en laiton vieilli à clipser. Portez-les à l’extérieur à la manière de Gary Cooper.

L’introduction dès le début des années 1920 du pantalon avec passants pour ceinture ainsi que le déclin du port du gilet dans les années 1930, entraine la chute du port de la bretelle dans la mode masculine.

En effet, les Gentlemen et fans aussi bien de films « westerns » que d’élégance, comme moi, ont surement en tête la règle d’Or, ne jamais porter bretelles et ceinture à la fois, accentuée par la citation d’Henry Fonda dans « Il était une fois dans l’Ouest » de Sergio Leone en 1968 : « How can you trust a man who wears both a belt and suspenders? The man can’t even trust his own pants !» (Comment faire confiance à un homme qui porte à la fois une ceinture et des bretelles ? Il ne fait même pas confiance à son propre pantalon !).

Elle fait malgré tout son grand retour dans les années 1960/1980 portée par les Punks et les rebelles, pendantes, avec un jean destroy et un perfecto en cuir, comme on peut les voir portées aujourd’hui pour un look « grunge » et « rock’n’roll ».

Puis la culture cinématographique, notamment le film Wall Street en 1987 où on voit Michael Douglas porter des bretelles, inspira le style des financiers New-Yorkais et autres aspirants « Golden Boys » autour du globe. On les voit ensuite portées par Leonardo Dicaprio dans le film Titanic en 1997 ou plus récemment dans The Great Gastby en 2013 ou encore par le plus célèbre des agents secrets Britanniques, James Bond, dans Casino Royale, en 2006 et elles seront encore portées par l’acteur dans le prochain volet « No Time to Die », prévu en 2020. La paire portée par l’acteur à cette occasion, sera prochainement disponible chez maison Baylé.

La mode est un éternel recommencement, mais le style lui, est intemporel, on observe ces dernières années un regain d’intérêt pour la bretelle pour un look néo dandy mais pas que… Oscar Wilde, éternel Dandy, disait « Toutes les pièces de vêtements doivent être tenues par les épaules et non par la taille ». En effet, les bretelles favorisent une taille naturelle, elle améliore la posture, ne serre pas l’estomac, apporte finesse et élégance grâce à une répartition équitable du poids, et harmonise donc la silhouette de chaque gentleman qui la porte en apportant de la verticalité. C’est pour cela qu’elle est d’ailleurs empruntée par de nombreuses femmes également.

Rappelons ici quelques règles sartoriales pour les porter élégamment :

  • Privilégiez un pantalon sans passants pour ceinture.
  • Faites attention à leur largeur, ne les prenez pas en dessous de 30mm, adaptez-les à la largeur de vos pantalons. Avec un pantalon large, le port de bretelles large sera du plus bel effet.
  • Ne mélangez pas les motifs avec excès, jamais plus de trois dans votre tenue, privilégiez les petits et discrets, et associez les couleurs intelligemment, référez-vous comme dans notre précédent article « osez la pochette ! Un Must-Have intemporel ! » à la roue chromatique.
  • Choisissez-les avec un système de pattes d’attache en cuir pour boutons comme nos bretelles « Tribeca » ou deux en un « Wall Street » si vous voulez les porter plus facilement avec un jean, un chino épais ou un pantalon en velours corduroy. N’oubliez pas la solution de nos boutons à clipser « Harlem » alternativement.
  • Ne porter jamais en même temps ceinture et bretelles.
  • Comme pour la ceinture, assortissez les pattes d’attache au cuir de vos souliers, richelieu ou derby.
  • Dans le respect de la tradition de cet accessoire et du « slow-fashion », achetez les Made in France ou Made in England, comme celle de maison Baylé, produites à Leicester.

Comment les porter ?

  • Avec une tenue dites Black Tie (Smoking) ou White-Tie (Queue de Pie), le port de bretelles est conseillé voire recommandé. N’hésitez pas à les associer dans le premier cas à un Cummerbund (Ceinture de Smoking).
  • Au travail, alliées à votre costume deux pièces préféré. Préférez ici les couleurs sombres.
  • Pour un look décontracté, jean ou chino en été, pantalon en velours en hiver, chemise ou T-Shirt, blazer ou pas, baskets, mocassins en été ou bottines en hiver.
  • Vous pouvez les porter aussi bien sur une chemise que sur un T-Shirt.
  • Vos bermudas ont aussi le droit en été aux bretelles.
  • Associez-les avec un chapeau pour un look « cowboy » très tendance.

Découvrez ou redécouvrez nos modèles de bretelles «Wall-Street » deux en un et élastiques ou « Tribeca » à Boutons, en laine, en coton, en lin ou encore en seersucker, sur notre E-Boutique maisonbayle.com. N’hésitez pas à poser vos questions et partager avec nous vos meilleurs looks Bretelles !

« Gentlemen don’t wear belts » – Saville Row Tailors Guide

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